Episode 13 Mazar e Sharif le 26 avril 2006 17500 km
 

Nabyl Nathalie et Lily(s)

A Delhi, nous avons rencontré une petite famille française, Nabyl, Nathalie et la petite Lily qui était là pour du business. Ils vendent des produits indiens sur les marchés à Marseille. On a passé de bonnes soirées ensemble.
Après le départ de nos familles de Delhi, nous avons pris le train pour Amritsar car on commençait à saturer avec l' Inde. Ce fut agréable de revoir nos familles malgré le rythme effrené de la semaine. Ca nous changeait de notre train train habituel. On a vu trop de choses en peu de temps et trop vite. L' Inde a quand même marqué nos esprits.

Nous ne nous sommes pas attardés à Amritsar et nous avons filé pour la deuxième fois vers le Pakistan. Nous avons refait la route en sens inverse jusqu'à Lahore (qui avait fini d'être refaite entre temps). Le passage de la frontière s'est effectué sans problèmes.

Légère surcharge



A Lahore, nous sommes retournés dans le même hôtel et nous avons acheté quelques pièces pour les vélos puis nous sommes repartis direction Peshawar.

Nous avons retrouvé l'hospitalité et la gentillesse des pakistanais. Ca nous a fait du bien après l'Inde! Nous sommes restés une nuit dans une famille où la fille parlait très bien anglais et chose rare Seb a pu rencontrer les femmes. A la frontière entre le Punjab pakistanais et la région ouest nous avons retrouvé nos escortes policières. Toujours pour la même raison : nous sommes près de zones tribales (où la loi n'est pas respectée) et proche de l' Afghanistan.

Ken le quebécois

A Kohat (petite ville au sud de Peshawar) nous avons rencontré Ken un québécois à vélo qui voyage depuis plusieurs années. Son vélo pèse 120kg. Ca nous a épaté qu' il arrive à avancer avec tout ce poids! Nous sommes allés ensemble jusqu'à Peshawar. La ville, étant près de l'Afghanistan, comporte de nombreux réfugiés afghans et à quelques kms du centre, il existe un bazaar ("smuggler bazaar") où la vente de stupéfiants et d'armes est libre car on est en zone tribale.

le marché de Peshawar



Après quelques renseignements pris auprès de touristes à l'hôtel, nous avons décidé d'aller en Afghanistan. NON, nous ne sommes pas inconscients ! Ce sont seulement des risques mesurés !!! Tout au long de son histoire l'Afghanistan a montré une aussi grande capacité à la division et au déchirement interne qu'à l'union pour résister aux envahisseurs.

Le cycle de violence le plus récent a débuté avec l'invasion soviétique en 1979, sanglant affrontement de DAVID contre GOLIATH ou celui que l'on donnait perdant a fini par l'emporter sur la superpuissance. Aujourd'hui l'Afghanistan avance à petits pas vers le rétablissement et la paix.

Nous avons été surpris par les pistes en haute altitude, le mélange des cultures et l'hospitalité des afghans. Nous étions bien au courant que le pays était truffé de mines faisant environ 120 victimes par mois (ET OUI PAR MOIS !!) donc nous avons fait attention où nous avons planté notre tente !

Nous nous rendons bien compte que les Américains ont bien fait de venir botter le derrière aux talibans car ils étaient plus que sans pitié (par exemple : écoles de filles fermées, musique et TV prohibées, il fut même interdit aux enfants de jouer aux cerfs volants !)

Patriarche

Située au carrefour des routes asiatiques l'Afghanistan est peuplée de groupes ethniques : pachtouns, tadjiks, harazats, etc…

Famille


galerie de portraits afghans

Col de Khyber

Les 50 kms qui relient Peshawar au col de Khyber à la frontière afghane ne sont pas des plus simples .Tout d'abord la police pakistanaise ne voulait pas que l'on fasse cette route à vélo et en plus il fallait que l'on ait un permis spécial qu'on se procurera par la suite. On a eu beau insister que l'on voulait le faire à vélo, rien n'y a fait et nous l'avons donc fait en escorte dans un pick-up banalisé car nous sommes en zone tribale , une zone que le Pakistan ne contrôle pas du tout, où passe toute la contrebande(opium ,haschich, lecteurs dvd).

Nous avons donc dit adieu au Pakistan avec un petit pincement au cœur car pour la seconde fois, il nous avait ouvert ses portes, son hospitalité naturelle et surtout ce qui nous a épaté le plus avec une grande notion de respect. Nous avons passé avec facilité les douanes afghanes qui se demandaient ce que 2 "creazy-french" à vélo venaient faire en Afghanistan. D'autant plus que plus tard nous avons appris que nous étions les premiers à vélo depuis 25 ans !

La petite ville frontalière Torkham n'est que pièces pour automobiles et bureaux de change. Aucune raison de s'y attarder et les gens nous demandaient ce qu'on faisait là. Nous leur avons dit que nous étions des touristes, ils avaient du mal à nous croire (ils pensaient plutôt qu'on étaient journalistes ou faisant parti d'une ONG). Depuis le 19/09, nous roulions à gauche, mais ici nous sommes à droite, nous avons eu un peu de mal à nous y faire.

Frontiere Afghane coté pakistanais

Welcome to Jalalabad

Nos 1ers kms n'ont été que routes pourries, boue et pluie. Seb n'est plus en short et Aurelie a remis son voile. Toutes les femmes sont en bourkas bleues. Le soir nous avons piqué la tente près d'un poste de police qui nous a demandé si on avait des armes ou des bombes dans nos sacoches. Nous nous sommes regardés en rigolant, le policier a quand même été tâter les sacoches avant de nous inviter à boire du thé vert (à boire sans sucre). Enfin fini le thé au lait!!!!. Aujourd'hui c'est Nawroz Cad le nouvel an chez eux. Ils passent de l'année 1384 à 1385. Au cours des 250 kms qui nous séparent de Kaboul, nous avons fait la connaissance des traits typiques du caractère pachtou : fiers combattants défendant des cols isolés de montagne toujours une arme à portée de la main, des histoires d'honneur, d'hospitalité et de vengeance. .
Les gamins Pachtous n'hésiterons pas à nous lancer des cailloux soit à la main soit au lance pierre sur notre passage en guise d'amusement. Seb parfois s'énerve et ils se tirent en courant. Le pire vient des adultes qui disent qu'il faut bien que les enfants s'amusent. Quel drôle de jeux ! Ici les gamins sont rois. Sur cette route nous avons rencontré pas mal de petits postes de police avec parfois des gamins de 15 ans, la kalachnikov à la main qui nous offraient du thé et à manger

Mitrailleuse

. Incroyable, ils nous ont expliqué, le fusil à la main, qu'ils ont eu 5 heures de formation avec les américains. Ils sont fiers de nous montrer leurs cartes avec les drapeaux américains et afghans dessus. Nous n'en croyons pas nos oreilles et nos yeux ! Tous les jours nous avons croisé l' armée américaine qui est là pour la stabilité politique.

Tank

Il existe aussi l' ISAF(force d'assistance sécuritaire internationale) qui est là pour aider la population locale et maintenir la sécurité. Elle est composée de militaires de différents pays. Ces derniers sont mieux vus par la population afghane que les américains. Nous sommes arrivés à Jalalabad où poussent de nombreux orangers. Nous avions le choix entre 2 routes pour aller à Kaboul : l'une asphaltée avec de la circulation et l'autre plutôt une piste sans circulation. Nous avons décidé de prendre la deuxième malgré que les gens nous disaient qu'elle était dure. Mais pour qui ils nous prennent !!! C'est vrai que parfois la route est pourrie mais ça va et c'est beau. En plus, on a appris un peu plus tard que l'autre route était bloquée par un éboulis. Le lendemain ce fut raide. Nous avons fait 27 kms de grimpette avant de s'arrêter à un petit poste de police et de piquer la tente. Ils nous ont dit qu'il restait encore 3 kms à grimper mais nous étions épuisés. Les afghans nous demandaient ce que nous faisions sur cette route. Nous n'avons pas regretté nos efforts car le paysage était magnifique.
De loin nous avons aperçu Kaboul et ses 3 millions d'habitants. La ville est étalée sur plusieurs petites montagnes. Cependant le centre de Kaboul est rempli de magasins de portables et de bijouteries. Au sud et à l'ouest de la ville, des quartiers entiers ont fait les frais de combats entre factions moudjahidines. Dans un des quartiers, on trouve un vieux marché aux oiseaux datant de plus de 300 ans. On y achète surtout des perdrix pour des combats ainsi que des pigeons et des oiseaux chanteurs, vendus dans de jolies cages en bois.

Arrivée à Kaboul



Nous sommes restés 5 jours à Kaboul pour obtenir l'extension du visa afghan ainsi que pour l'obtention du visa pour le Tadjikistan. Nous l avons obtenu en 30 minutes (le plus rapide jusqu'à maintenant). Alors que pour l'extension, il a fallu 5 jours d'attente (beaucoup de paperasse, de bureaux pour pas grand chose. Galère!!!!!).







Kaboul



Des journalistes de la radio afghane et de la presse sont venus à notre hôtel pour nous interviewer sur notre périple. Ils nous ont dit qu'on était les premiers touristes à vélo depuis 25 ans. Ca nous a fait plaisir.

Etant donné que nous voulions aller au cœur des montagnes, nous nous sommes donc renseignés et on nous a dit que ce n'était que de la piste pourrie de haute altitude, qu'il y avait de la neige. Mais nous avons décidé de tenter le coup quand même car l'envie était forte et en plus on avait le temps. Ce fut dur, très dur et même plus que dur mais nous ne l'avons pas regretté du tout !

Galerie de paysages d'Afghanistan



Donc nous voilà partis sur l'un des trajets les plus aventureux qu'on puisse faire en Afghanistan. Nous savions déjà que la piste était dans un état pitoyable et que la région est très isolée. Il nous faudra franchir des cols de plus de 3000 m d altitude ainsi que des plateaux à cette hauteur isolant la région du reste du monde.

Sortie de kaboul

Nous avons à peine fait 2 kms qu'il faut déjà nous déchausser car il y a une rivière à traverser. L'eau est glacée. Plus nous avançons plus les montagnes se resserrent derrière nous et plus le paysage est magique. Le 2ème jour, nous avons du passer 5 rivières. En plus il pleuvait et la piste était boueuse mais le moral était bon. Nous avons traversé de petits villages où l'on nous a offert du thé et du pain. Mais quelques fois encore des gamins nous ont jeté des pierres ( pénible!!!!).

Seb se demande comment passer

Bozkachi

Nous remontions cette splendide vallée avec des pentes bien raides, lorsque nous avons aperçu sur un petit plateau une vingtaine de chevaux et leurs cavaliers qui jouaient au bozkachi. La rudesse du jeu qui veut dire "attraper la chèvre morte" dépasse l'imagination. Plus proche de l' affrontement guerrier que de l'affrontement sportif ce polo rustique utilise en guise de balle une carcasse de chèvre ou de mouton décapitée. Le jour précédent la partie, la dépouille éviscérée de l'animal (boz) a la tête et le bas des pattes sectionnés avant d'être plongée dans l'eau froide pendant 24 h pour la raffermir. Au début du jeu, elle est placée au centre d'un cercle à l'extrémité du terrain tandis qu'un groupe de cavaliers survoltés se tient à l'autre bout. Au signal de départ tous se ruent sur la carcasse suivant la règle du chacun pour soi. Le but consiste à s'emparer de la dépouille et à parcourir le terrain avant de revenir dans le cercle.
La lutte est féroce. Chaque concurrent tente de prendre possession de la carcasse (nez cassés, épaules luxées et jambes brisées font partie du divertissement). Nous avons regardé ce sport de fous pendant 30 min avant de reprendre notre long trajet mais comme cette vallée est grandiose ! Le lendemain nous avons grimpé toute la journée, on s'est rapproché des sommets enneigés. Lors d'une pause dans un tout petit village (10 maisons) un mec a entendu à la radio qui on était et où on allait. C'était marrant, il racontait au autres notre périple.

Pendant notre ascension du col de Shiber (qui culmine à 3000 m d'altitude) on s'est arrêté pour reprendre notre souffle et qu'est ce qu'on voit devant nous posé sur le rebord du petit pont ? un missile ! On a halluciné ! On a vu de temps en temps des chars à l'abandon sur les bords de route. Ca nous rappelle que le pays est sorti de plus de 25 ans de guerre encore très récemment (2003). Les afghans utilisent les chenilles des chars comme ralentisseurs sur les routes.

lily et la bombe

Falaise de Bamiyan

Ensuite nous sommes redescendus sur Bamiyan (2500 m d'altitude) toujours sur une route pourrie. Et quand on dit pourrie, c'est vraiment pourrie (trous, bosses, boue, caillasse). Bamiyan est un ancien lieu de pèlerinage bouddhique. C'est un exemple de destruction culturelle faite par la guerre, victime de la rage des talibans en 2002, les 2 bouddhas géants qui dominaient la vallée ne sont plus que tas de pierre. Depuis la vallée est classée patrimoine mondiale de l'Unesco. Les 2 bouddhas de 38m et de55 m de haut étaient les plus grandes statues de bouddha debout au monde. Elles avaient été sculptées au 6ème siècle. A cette époque les visages étaient recouverts d'or et des fresques couvraient les parois des niches. Ca devait être grandiose car maintenant on ne distingue qu'à peine les contours. La région est principalement peuplée de Hazaras, descendants des mongols. Cette région est l'une des plus stables d' Afghanistan.
Après quelques heures passées dans cette ville, nous sommes repartis à la conquête de notre prochain col à 3300 m qui s'avère être plus dur que prévu car Seb est malade et on a dépassé les 3000 m d'altitude et on commence à ressentir les effets du manque d'oxygène (souffle court et mal aux jambes). Après Bamiyan on n'a rencontré que très peu de villages, peu de vie, beaucoup de vent de face et de la neige sur les bords de la route. Nous sommes restés une journée en haut du col pour que Seb récupère car il ne pouvait plus avancer. Peu de circulation sur cette route.

sommet du col 3300m



Nous sommes obligés de filtrer de l'eau dans les flaques de neige fondante. A cause de l'altitude le réchaud met plus de temps pour cuire le riz.Après cette journée de repos, nous avons filé sur Yakawlang. Le vent était froid et nous avons ressorti nos blousons.




Lac Band e Amir



En descendant, nous avons rencontré Mathieu qui fait partie d'une ONG (geres). Il nous a proposé de rester la nuit à Yakawlang. Donc nous avons tracé sur cette ville. Nous avons continué de monter (des côtes bien raides) et de descendre (des pentes bien raides). Les vélos en prennent un sacré coup car la route est toujours aussi pourrie mais grâce à nos nouvelles roues sur mesures (que nos parents nous ont amené), tout se passe bien.

Repos dans la guest house

Arrivés en fin d'après-midi à Yakawlang qui est en fait une rue de 200 m de long entourée de boutiques, nous sommes allés au local d'une autre ONG (Solidarités) . Geres travaille avec Solidarités. Nous y avons rencontré Benoît qui habite à Maulévrier (50 kms de Tiffauges, que le monde est petit!!!!). Il aime beaucoup le sport (vélo, parapente, marche...). Il nous a donc invité avec plaisir dans la guesthouse de l'ong et là nous avons goûté aux joies du hammam (surtout quand ça fait 8 jours qu'on a pas pris une douche !). Nous avons beaucoup discuté .
Il nous a dit que la route jusqu'à Herat n'était toujours pas déneigée car aucun transport ne va plus loin. Donc nous sommes obligés de faire demi tour. Mathieu doit repartir sur Bamiyan 5 jours plus tard et il nous propose de nous emmener. Comme on peut rester à la guesthouse sans problème, on en profite pour recharger nos batteries. Et ça ne fera pas de mal vu ce qui nous attend. Pour le dernier soir on préparera un petit repas (Pâtes, omelette et surtout des crêpes en dessert). Un vrai régal et un grand merci à Benoît et Mathieu.

Benoît nous a fait un plan pour ne pas refaire la même route. Il parait que c'est splendide mais il y a 3 cols à plus de 3000 m d'altitude, OK ça ne nous gêne pas ! Si on avait su ce qui nous attendait nous ne savons pas si on aurait été jusqu'au bout !

Seb à du mal à monter

Le vendredi suivant, Mathieu nous a donc ramené près de Bamiyan et le lendemain nous avons grimpé le 1er col. La route n'était pas trop mauvaise mais ça grimpait dur. Nous devions faire des petites pauses tous les 100 m pour reprendre notre souffle et reposer les jambes. Arrivés en haut nous nous sommes retournés et nous avons eu une superbe belle vue sur la chaîne des sommets enneigés le Koh e baba. C'était vraiment magnifique. Quel cadeau pour nos efforts !

Lily au sommet

Par contre il ne fallait pas sortir de la route car il y a des mines (on le voit aux pierres rouges). Ici c'est vraiment sauvage, nous n'avons vu qu'un seul village dans la journée. Nous sommes redescendus un peu pour planter la tente. Le soir, nous avons voulu utiliser notre filtre à eau mais il était fendu et cassé à un endroit. On ne sait pas comment c'est arrivé.
Le lendemain nous avons continué à bien descendre la belle vallée pour arriver à Saighan : un petit bazaar au milieu de nulle part. On a fait le plein pour recommencer à grimper le 2ème col en fin d'après-midi mais là ce n'est pas comme le premier, beaucoup de cailloux nous empêchent de pédaler. Donc nous avons du pousser les vélos. C'est dur, très dur et plus ça va et plus c'est raide et caillouteux. Nous nous sommes arrêtés pour nous reposer et pour pouvoir finir le col le lendemain.

Encore un effort!

L'aide d'un ane est bienvenue

Le lendemain on est repartis tôt. Un berger est venu nous délester de nos sacoches arrières qu'il a mis sur son âne pour nous aider mais même sans les sacoches on en a chié à pousser. Merci au berger qui naturellement est venu nous aider. L'âne est l'outil de travail et de transport le plus utilisé en Afghanistan. Il est robuste et porte de lourdes charges. Enfin arrivés en haut sur un plateau de haute altitude pas très plat, nous avons pu contempler en faisant un 360° des sommets à plus de 5000 m d altitude. C'est une nouvelle fois incroyablement beau et ça remotive.

Sommets à plus de 5000m

Nous avons fait 5-6 kms sur ce plateau avant de redescendre et là c'est encore super galère. On ne peut même pas avoir la joie de redescendre car il faut encore pousser les vélos à cause de la caillasse aussi gros que le poing. Nous sommes tombés tous les deux. Redescendus de 2000 m , un vieux monsieur nous a invité chez lui à manger. Ce n' était pas de refus car nous étions crevés et nous avons passé le reste de la journée chez lui. Le lendemain nous avons découvert la vallée de Kamard qui est la plus basse et la plus verte du coin. Elle est magnifique et ça nous a changé des paysages minéraux. Les cultures sont abondantes (riz, abricots, pommes). Nous avons rencontré aussi une autre ong des nations unies qui est là pour reconstruire des écoles, des bâtiments, routes et ponts. Après Doab merk zarin qui est à 1400m d'altitude, nous sommes remontés vers le col Jalad à 3000 m en moins de 35 kms.

Allez pousse Lily!

A un moment pendant 400 m nous sommes passés dans canyon très serré et la route bah c'est la rivière. Nous avons dû nous déchausser pour pousser les vélos car bien sûr en plus c'est pentu. Dans ce col on a passé plus de temps à pousser qu'à pédaler et les 5 derniers kms étaient tellement raides qu'on poussait à deux un vélo (donc on a fait 2 fois le col !). On a fait du 1km/h soit 5h pour monter. Très très dur !

Gorge

Quand on est arrivés en haut on était soulagés d'avoir fini. Et bien sûr comme la montée est raide, la descente l'est aussi. Mais beaucoup moins longtemps. On s'est retrouvé sur une grande plaine descendante puis une vallée pour arriver à Roy doab. Nous sommes allés à la base de Solidarité mais les 2 français étaient partis en vacances. Un afghan qui connaît Benoît nous a bien accueilli et nous avons pu rester une journée pour se reposer. Ensuite pour rejoindre la route de Ayback , nous avons dû traverser encore 3 cols de moins haute altitude mais pas faciles quand même. En plus il a commencé à faire chaud.

Enfin une bonne route!

Arrivés à Ayback, nous avons retrouvé avec grand plaisir les joies de l'asphalte (on ne force plus, on fait plein de kms en peu de temps, le pied!!!!) mais c'est moins beau. Nous faisons 100 kms dans la journée sans forcer et en prenant tout notre temps, en comparaison de nos 30-40 kms dans les montagnes.

C'est la bonne route!

Nous sommes arrivés ensuite à Mazar e sharif (qui veut dire tombe de l'exalté) , ville réputée pour le hazrat ali. C'est le sanctuaire où serait la tombe d'Ali, le gendre du prophète Mahomet mais beaucoup pensent que sa véritable tombe est en Irak à Nadjaf d'où une polémique. Un parc l' entoure mais hommes et femmes ne peuvent pas se mélanger. Les femmes ont le droit d'y aller en journée (pleine chaleur) et les hommes le soir quand il fait meilleur ! Mazar est une petite ville ( 140000 habitants) située en plein milieu de la steppe d'où la chaleur (35-40 degrés déjà au mois d' avril). Il y a une grosse différence avec la température des montagnes où on a eu de la neige.

Mazar e Sharif

Le pont de l'amitié

Nous restons quelques jours dans cette ville car nous devons attendre le 2 mai pour entrer en Ouzbekistan. (il faut donner une date exacte d'entrée) Le fleuve Amou Daria matérialise la frontière entre l'Afghanistan et L'Ouzbekistan. Pour le franchir on passe le pont de l'amitié qui a servi à l'URSS pour envahir l'Afghanistan.

l'Amou Daria et le pont de l'amitié

L'Afghanistan; 30millions d'habitants, la monnaie est l'afghani (1 euro= 60 afghanis). Il fait jour à 4h30 et nuit à 19h30. Les gamins sont soit sympas (répondent à nos Salam ), soit ils ont peur (ils s'enfuient en courant), soit ils nous jettent des pierres à la main ou au lance pierre.

Femmes en Burka

Les femmes, on en a pas vu beaucoup, elles portent souvent la burka surtout en ville et même a Kaboul (pour des raisons culturelles, par habitude, par sécurité ou pour l'anonymat). En campagne quand elles ne la portent pas , elles se détournent de nous pour qu'on ne les voit pas et préfèrent faire un détour plutôt que de passer à côté de nous. A la fin, c'est pénible de nous éviter comme ça. L'Afghanistan est le 1er pays au monde où les femmes et les bébés meurent à l' accouchement.


Ici nous voyons plein de types de visages, plus ou moins russes, des yeux verts et bleus.
Dans tout le pays, nous avons plus vu de portraits de Massoud, surnommé le lion du Panchir que des portraits du président actuel Amid Karzai. Massoud lutta contre les soviétiques avec l'alliance du nord puis contre les talibans (qui veut dire étudiant en théologie islamique). Son assassinat 2 jours avant le 11 septembre 2001 l'a promu au rang de martyr mais il n'est pas l'idole de tous en Afghanistan. Les pachtounes voient en lui le symbole de la domination tadjik , les hazarats lui pardonnent mal les morts dans leur rang et d'autres disent qu'il a contribué à la destruction de Kaboul. L'Afghanistan est pour nous le plus beau pays qu'on ait vu jusqu'à maintenant mais on sent que le pays sort de la guerre. L'ambiance est assez spéciale. Ca change des autres pays musulmans.

Massoud

 

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